
worldbuilding
récits illustrés • architectures de papier
1984 - 2024
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1984 - 2024
Naissance d'un univers fictionnel
J’explore mon terrain de jeu préféré à temps perdu, entre arts plastiques et littérature, pour maintenir vivant les ferments de ma vocation initiale. J’ai développé un éventail d’outils d’expression évolutifs pour réaliser des illustrations et des projets entrants dans la catégorie "architectures de papier" qui donnent forme à un univers fictionnel ou "Worldbuilding" construit à partir de réflexions sur les sujets sociaux et environnementaux contemporains. Cet univers utopique sert également de cadre spatial et temporel à quelques nouvelles illustrées que je produis à compte d'auteur.
Naissance d'un univers fictionnel
J’explore mon terrain de jeu préféré à temps perdu, entre arts plastiques et littérature, pour maintenir vivant les ferments de ma vocation initiale. J’ai développé un éventail d’outils d’expression évolutifs pour réaliser des illustrations et des projets entrants dans la catégorie "architectures de papier" qui donnent forme à un univers fictionnel ou "Worldbuilding" construit à partir de réflexions sur les sujets sociaux et environnementaux contemporains. Cet univers utopique sert également de cadre spatial et temporel à quelques nouvelles illustrées que je produis à compte d'auteur.
Cette photo extraite du film "One week" ou "La maison démontable" de Buster Keaton date de 1920. C'est un bon point d'entrée dans l'univers fictionnel que je construis depuis quelques années. Observons l'image: cette modeste maison est réalisée exclusivement en matériaux "bio-sourcés". C’est un objet mobile ou "nomade" comme on peut le voir en visionnant le film. Il s'agit d’un kit destiné à l’auto-construction selon un bas niveau de technologie. Le terrain n’est pratiquement pas aménagé, ou comme on dirait aujourd'hui "artificiallisé". La voirie est dépourvue d’asphalte dont l’usage est encore balbutiant à cette époque qui nous ramène un siècle en arrière, C'était encore le temps des véhicules lents qui soulevaient des panaches de poussière sur leur passage. Les poteaux électriques ou télégraphiques sont déjà nombreux, témoins de progrès technologiques que l’on retrouve à l’intérieur de la maison et plus encore dans le film "The Electric House" tourné deux ans plus tard par Buster Keaton. Les "heureux propriétaires" semblent indulgents face à leurs petits problèmes d'interprétation des plans de montage, le principal étant de disposer enfin d’un nid d’amour. Ce que l’on ne sait pas encore à ce moment du visionnage, c’est le destin réservé à ce petit pavillon moderne américain victime du climat avant de succomber au passage d'une locomotive. La scène finale démontre que ce qui fait une maison, ce sont les gens qui y vivent.
Cette photo extraite du film "One week" ou "La maison démontable" de Buster Keaton date de 1920. C'est un bon point d'entrée dans l'univers fictionnel que je construis depuis quelques années. Observons l'image: cette modeste maison est réalisée exclusivement en matériaux "bio-sourcés". C’est un objet mobile ou "nomade" comme on peut le voir en visionnant le film. Il s'agit d’un kit destiné à l’auto-construction selon un bas niveau de technologie. Le terrain n’est pratiquement pas aménagé, ou comme on dirait aujourd'hui "artificiallisé". La voirie est dépourvue d’asphalte dont l’usage est encore balbutiant à cette époque qui nous ramène un siècle en arrière, C'était encore le temps des véhicules lents qui soulevaient des panaches de poussière sur leur passage. Les poteaux électriques ou télégraphiques sont déjà nombreux, témoins de progrès technologiques que l’on retrouve à l’intérieur de la maison et plus encore dans le film "The Electric House" tourné deux ans plus tard par Buster Keaton. Les "heureux propriétaires" semblent indulgents face à leurs petits problèmes d'interprétation des plans de montage, le principal étant de disposer enfin d’un nid d’amour. Ce que l’on ne sait pas encore à ce moment du visionnage, c’est le destin réservé à ce petit pavillon moderne américain victime du climat avant de succomber au passage d'une locomotive. La scène finale démontre que ce qui fait une maison, ce sont les gens qui y vivent.
L’univers fictionnel que j’ai imaginé nous ramène par certains aspects au temps du cinema muet, mais dans un environnement fatalement remodelé par la montée des niveaux des océans, où les humains auraient accepté de bannir l’usage de tous les produits issus du pétrole à commencer par l'asphalte ainsi qu'éteindre les réacteurs nucléaires. Et surtout, ils auraient réappris par nécessité à vivre dans un monde de faible niveau de technologie et de communication, en prenant soin de reconstituer les milieux naturels pour y rétablir l’ancrage de l’humain comme maillon de la chaine du vivant.
L’univers fictionnel que j’ai imaginé nous ramène par certains aspects au temps du cinema muet, mais dans un environnement fatalement remodelé par la montée des niveaux des océans, où les humains auraient accepté de bannir l’usage de tous les produits issus du pétrole à commencer par l'asphalte ainsi qu'éteindre les réacteurs nucléaires. Et surtout, ils auraient réappris par nécessité à vivre dans un monde de faible niveau de technologie et de communication, en prenant soin de reconstituer les milieux naturels pour y rétablir l’ancrage de l’humain comme maillon de la chaine du vivant.
Le Monde selon Igor
J’aime commencer un propos en citant une fable, un roman, ou un poème tiré des grands classiques de la littérature. Cette fois-ci m’est revenu à l’esprit le « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe dont je détiens un exemplaire illustré devenu un véritable fétiche, et objet porteur du doux souvenir de mon père.
A l’heure où certains discours éclairés prônent la sobriété matérielle ou énergétique, je me remémore mon année passée aux antipodes de l'Europe. C'était entre 1991 et 1992. J’étais alors un jeune architecte détaché par le Ministère des DOM-TOM en Polynésie auprès du Service d’Urbanisme des Iles-Sous-Le-Vent, affecté sur l’île de Raiatea. Sans être absolument minuscule ni dépeuplée, cette terre d’une superficie d’environ deux fois celle de Belle-Île-en-Mer et d’une densité de population identique hors périodes touristiques donnait tout de même un certain sentiment d’isolement aux français métropolitains qui y résidaient. Une saillante chaine montagneuse culminant à plus de 1000 mètres faisait obstacle aux voies de communications transversales sur la presque totalité de l’île. Moins du quart de la route côtière était couverte d’asphalte, tandis que le reste était couvert de « soupe de corail », un tout-venant de coraux concassés.
La population était regroupée dans quelques hameaux sur le plat du rivage tandis que l’arrière territoire montagneux demeurait quasiment désertique, tout comme les « motus », ces îlots de sable blanc parsemés de cocotiers qui s'agrègent sur le pourtour de la barrière de corail. Les paysages étaient absolument fabuleux, ce n’est pas une légende. Certains matins, le lagon prenait l’apparence d’un merveilleux miroir dédoublant l’immensité des cieux d’un bleu aveuglant. Le même phénomène se reproduisait parfois le soir au coucher du soleil dans un déluge de feu sur la ligne d’horizon révélant la proximité de Bora-Bora. De nombreux éléments de confort manquaient, il fallait apprendre à s’en passer, accepter de ralentir son rythme de vie et se contenter d’interactions sociales réduites, au niveau local autant qu’avec la métropole. J'avais alors beaucoup de temps de disponible, partageant avec des jeunes tahitiens de bons moments faits de choses simples comme de belles parties de pèche, de sacrées bringues, et des moments plus solitaires que je réservais à ma passion pour le dessin de bande dessinée pour illustrer les lettres que j'écrivais à mes parents.

Dans un tel cadre, j’ai parfois rêvé de ce que pouvait être la vie de Robinson, lui qui était contraint à une drastique sobriété, tout comme c’était le cas au quotidien pour certains polynésiens que j’ai visité lors de mes tournées de chantiers sur les îles de l’archipel, notamment après le passage du cyclone WASA survenu au mois de décembre 1991.
Une génération sépare cette époque de faible niveau de communication au présent hyper-connecté, celui qui voit les entreprises technologiques en concurrence pour mettre sur le marché le véhicule autonome dans le but officiel de réduire à néant les risques d’accidents dus à la vitesse et aux erreurs de conduite. Il faut garder à l’esprit que 80% des déplacements humains sur terre se font à pied, et que les premières voies revêtues d’enrobé à base de goudron ne sont apparues qu’au début du XXème siècle. Jusqu’alors les premiers automobilistes étaient contraints de rouler à vitesse réduite, dans des nuages de poussière, sur des chemins semblables à la route côtière de Raiatea.
Viendra le jour où, par pénurie d’asphalte ou par bannissement des produits pétroliers, les transports roulants et plus largement les réponses aux besoins de se déplacer ne seront plus ceux que nous connaissons. Il en sera de même pour répondre aux autres besoins des humains et des animaux. Nous pouvons faire confiance au génie technologique pour trouver des solutions, pourvu que cesse l’aveuglement actuel qui ne peut nous conduire nulle part ailleurs qu’à notre propre perte, par la pollution et l’épuisement des ressources de l’environnement, à moins que le projet soit de conquérir la planète Mars au prix du sacrifice de notre propre Terre.
Je n’ai jamais cessé de repenser, sans l’idéaliser, à mon expérience polynésienne qui m’a appris que l’on pouvait se passer de beaucoup de choses, j’entends notamment de confort technologique, que l’éphémèrité est vertueusement propice au renouvellement, et que la terre n’est pas inépuisable.
C’est ce qui m’a guidé dans la rédaction de mes nouvelles illustrées regroupées dans la collection du « Monde selon Igor ». Le cadre temporel est déporté dans une époque supposée postérieure à la 'pandémie du siècle' pour s’interroger sur une possible évolution des règles sociales et environnementales actuelles alors que les bonnes résolutions prises au moment de cette crise n’ont jamais vu le jour… Le monde d’après n’a jamais commencé. Les personnages et les situations qui surgissent au cours des récits sont des prétextes pour concevoir des projets architecturaux symboliques illustrant une vision allégorique et poétique de l’acte consistant à interagir directement sur l’environnement et se faisant sur les humains.
Le Monde selon Igor
J’aime commencer un propos en citant une fable, un roman, ou un poème tiré des grands classiques de la littérature. Cette fois-ci m’est revenu à l’esprit le « Robinson Crusoé » de Daniel Defoe dont je détiens un exemplaire illustré devenu un véritable fétiche, et objet porteur du doux souvenir de mon père.
A l’heure où certains discours éclairés prônent la sobriété matérielle ou énergétique, je me remémore mon année passée aux antipodes de l'Europe. C'était entre 1991 et 1992. J’étais alors un jeune architecte détaché par le Ministère des DOM-TOM en Polynésie auprès du Service d’Urbanisme des Iles-Sous-Le-Vent, affecté sur l’île de Raiatea. Sans être absolument minuscule ni dépeuplée, cette terre d’une superficie d’environ deux fois celle de Belle-Île-en-Mer et d’une densité de population identique hors périodes touristiques donnait tout de même un certain sentiment d’isolement aux français métropolitains qui y résidaient. Une saillante chaine montagneuse culminant à plus de 1000 mètres faisait obstacle aux voies de communications transversales sur la presque totalité de l’île. Moins du quart de la route côtière était couverte d’asphalte, tandis que le reste était couvert de « soupe de corail », un tout-venant de coraux concassés.
La population était regroupée dans quelques hameaux sur le plat du rivage tandis que l’arrière territoire montagneux demeurait quasiment désertique, tout comme les « motus », ces îlots de sable blanc parsemés de cocotiers qui s'agrègent sur le pourtour de la barrière de corail. Les paysages étaient absolument fabuleux, ce n’est pas une légende. Certains matins, le lagon prenait l’apparence d’un merveilleux miroir dédoublant l’immensité des cieux d’un bleu aveuglant. Le même phénomène se reproduisait parfois le soir au coucher du soleil dans un déluge de feu sur la ligne d’horizon révélant la proximité de Bora-Bora. De nombreux éléments de confort manquaient, il fallait apprendre à s’en passer, accepter de ralentir son rythme de vie et se contenter d’interactions sociales réduites, au niveau local autant qu’avec la métropole. J'avais alors beaucoup de temps de disponible, partageant avec des jeunes tahitiens de bons moments faits de choses simples comme de belles parties de pèche, de sacrées bringues, et des moments plus solitaires que je réservais à ma passion pour le dessin de bande dessinée pour illustrer les lettres que j'écrivais à mes parents.

Dans un tel cadre, j’ai parfois rêvé de ce que pouvait être la vie de Robinson, lui qui était contraint à une drastique sobriété, tout comme c’était le cas au quotidien pour certains polynésiens que j’ai visité lors de mes tournées de chantiers sur les îles de l’archipel, notamment après le passage du cyclone WASA survenu au mois de décembre 1991.
Une génération sépare cette époque de faible niveau de communication au présent hyper-connecté, celui qui voit les entreprises technologiques en concurrence pour mettre sur le marché le véhicule autonome dans le but officiel de réduire à néant les risques d’accidents dus à la vitesse et aux erreurs de conduite. Il faut garder à l’esprit que 80% des déplacements humains sur terre se font à pied, et que les premières voies revêtues d’enrobé à base de goudron ne sont apparues qu’au début du XXème siècle. Jusqu’alors les premiers automobilistes étaient contraints de rouler à vitesse réduite, dans des nuages de poussière, sur des chemins semblables à la route côtière de Raiatea.
Viendra le jour où, par pénurie d’asphalte ou par bannissement des produits pétroliers, les transports roulants et plus largement les réponses aux besoins de se déplacer ne seront plus ceux que nous connaissons. Il en sera de même pour répondre aux autres besoins des humains et des animaux. Nous pouvons faire confiance au génie technologique pour trouver des solutions, pourvu que cesse l’aveuglement actuel qui ne peut nous conduire nulle part ailleurs qu’à notre propre perte, par la pollution et l’épuisement des ressources de l’environnement, à moins que le projet soit de conquérir la planète Mars au prix du sacrifice de notre propre Terre.
Je n’ai jamais cessé de repenser, sans l’idéaliser, à mon expérience polynésienne qui m’a appris que l’on pouvait se passer de beaucoup de choses, j’entends notamment de confort technologique, que l’éphémèrité est vertueusement propice au renouvellement, et que la terre n’est pas inépuisable.
C’est ce qui m’a guidé dans la rédaction de mes nouvelles illustrées regroupées dans la collection du « Monde selon Igor ». Le cadre temporel est déporté dans une époque supposée postérieure à la 'pandémie du siècle' pour s’interroger sur une possible évolution des règles sociales et environnementales actuelles alors que les bonnes résolutions prises au moment de cette crise n’ont jamais vu le jour… Le monde d’après n’a jamais commencé. Les personnages et les situations qui surgissent au cours des récits sont des prétextes pour concevoir des projets architecturaux symboliques illustrant une vision allégorique et poétique de l’acte consistant à interagir directement sur l’environnement et se faisant sur les humains.
Editions
Un premier opus de la collection "Le Monde selon Igor" intitulé "Igor face au Pseudologue" dessine les contours de ce Worldbuilding. Un projet architectural fictif sert de scène à l'intrigue qui oppose deux protagonistes censés être liés par une mutuelle estime sur fond de relation familiale mais qui dérive dans un climat délétère jusqu'à une inévitable rupture. Je l'ai écrit et illustré suite à la pandémie du COVID-19, les travaux graphiques digitaux et à la mine de plomb sont signé de mon pseudonyme TIM, et cet ouvrage il est édité à compte d'auteur.
Un second opus non encore achevé, titré provisoirement "Igor architecte au fil de l'eau" entraine le personnage central de ces récits illustrés vers une destinée guidée par un désir instinctif d'émancipation et de création artistique au service du vivant.

Etude de représentation urbaine pour la nouvelle "Igor face au Pseudologue"
Editions
Un premier opus de la collection "Le Monde selon Igor" intitulé "Igor face au Pseudologue" dessine les contours de ce Worldbuilding. Un projet architectural fictif sert de scène à l'intrigue qui oppose deux protagonistes censés être liés par une mutuelle estime sur fond de relation familiale mais qui dérive dans un climat délétère jusqu'à une inévitable rupture. Je l'ai écrit et illustré suite à la pandémie du COVID-19, les travaux graphiques digitaux et à la mine de plomb sont signé de mon pseudonyme TIM, et cet ouvrage il est édité à compte d'auteur.
Un second opus non encore achevé, titré provisoirement "Igor architecte au fil de l'eau" entraine le personnage central de ces récits illustrés vers une destinée guidée par un désir instinctif d'émancipation et de création artistique au service du vivant.

Etude de représentation urbaine pour la nouvelle "Igor face au Pseudologue"